Stations de recherches sur les pesticides à usage limité

Comme vous le dira tout producteur de cultures de grande valeur sur surfaces réduites, l'élimination d'un ravageur peut faire toute la différence entre une bonne et une mauvaise année. Les insectes, les maladies et les mauvaises herbes peuvent ronger pratiquement du jour au lendemain une part importante du chiffre d'affaires d'une petite exploitation. Les producteurs de « cultures sur surfaces réduites » - comme les fruits, les herbes, les légumes, le matériel de pépinière et les plantes de paysagement, pour ne nommer qu'elles - sont donc toujours à la recherche de meilleures façons de maintenir ces ravageurs à distance.

Si on les appelle cultures sur « surfaces réduites », ce n'est pas parce qu'elles sont de faible valeur, mais plutôt parce qu'elles sont cultivées sur de petites surfaces. Les producteurs de ces cultures font face aux mêmes difficultés de lutte antiparasitaire que ceux des grandes cultures. Les fabricants du monde entier ont conçu un vaste éventail de produits de lutte antiparasitaire pour les cultures sur surfaces réduites, qui sont d'usage courant en dehors du Canada. Bon nombre de ces produits demeurent toutefois inaccessibles aux producteurs canadiens étant donné qu'ils n'ont jamais été homologués au Canada. En effet, les exploitations canadiennes de cultures sur surfaces réduites ne constituent pas un marché assez important pour les pesticides compte tenu de la superficie insuffisante qu'elles cultivent. Les fabricants n'ont donc pas jugé rentable de demander l'homologation canadienne de nombreux produits potentiellement utiles.

Le Programme des pesticides à usage limité à la rescousse

Le Programme des pesticides à usage limité (PPUL) du Centre de la lutte antiparasitaire (CLA) est en train de modifier la donne. Grâce aux essais au champ menés dans ses stations de recherches sur les pesticides à usage limité, les responsables du PPUL recueillent des données à l'appui des demandes d'homologation qu'ils soumettent à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), encourageant du même coup les fabricants de pesticides à homologuer leurs produits pour qu'on puisse les utiliser au Canada.

Le PPUL repose sur les fondations de sept stations de recherches au Canada, où les équipes de recherche au champ accomplissent toute une diversité de tâches pour le CLA. Chaque équipe se compose d'un gestionnaire du site expérimental, d'un chercheur principal, d'un adjoint technique, d'un archiviste et, durant l'été, d'étudiants. Ensemble, ceux-ci procèdent à des essais au champ, en serre et en chambre de croissance afin de déterminer l'efficacité des pesticides, la tolérance des cultures aux pesticides et, particulièrement pour les cultures alimentaires, la quantité de résidus de pesticides. Ces équipes, dont les membres doivent tous avoir suivi une formation sur les bonnes pratiques de laboratoire et posséder les certificats prescrits par l'ARLA, procèdent à environ 350 essais chaque année.

Cependant, en raison de leur emplacement stratégique dans les collectivités agricoles de tout le pays, les membres des équipes travaillent véritablement sur la ligne de front du CLA et participent régulièrement aux réunions des producteurs locaux, à des journées sur le terrain, à des séminaires, à des visites et à des conférences. En échangeant sur leurs expériences, entre eux et avec d'autres employés du CLA, ils créent un important forum d'échange de renseignements et aident les programmes du CLA à demeurer au fait des problèmes liés aux pesticides à usage limité au Canada.

Fonctionnement

Le CLA organise une réunion de planification des recherches chaque hiver durant laquelle il confie les essais du PPUL aux sept stations de recherches en fonction des conditions climatiques, des zones de croissance et de la présence probable de ravageurs. Cette façon de faire donne amplement le temps aux équipes de recherche d'établir et de peaufiner les plans et les protocoles d'essai en collaboration avec les coordonnateurs de projet et les directeurs d'étude concernés. Chaque station est responsable d'au moins 25 essais.

Les chercheurs principaux dirigent la plupart de ces essais dans les principaux champs d'expérimentation des stations, même si d'autres peuvent être menés sur des terres appartenant aux producteurs qui collaborent avec le CLA. Ce type de collaboration inculque aux producteurs des connaissances directes sur le PPUL et donne la chance aux chercheurs de collaborer avec eux sur les superficies où les ravageurs se déploient tout naturellement. Ainsi, le taux d'efficacité des essais, en particulier en ce qui concerne l'efficacité des pesticides, augmente.

L'union dans la diversité

Les stations de recherches sont situées dans toutes les zones de croissance du Canada, sauf une. Grâce à cette diversité, le CLA peut trouver les endroits où les pesticides ciblés constituent un problème particulier, et c'est également là que les essais du PPUL fraendreront les données les plus révélatrices. Cette diversité de milieux permet au CLA de mener la plupart de ses essais à l'interne dans ses propres stations de recherches.

En dépit de la vaste répartition géographique des stations, les équipes de recherche ne perdent jamais le contact avec le personnel de l'administration centrale du CLA. Ces communications régulières sont indispensables au succès des essais, car elles garantissent que les équipes de recherche se livrent à des activités comme la conception des expériences, le taux d'application des pesticides, le choix des équipements et, au besoin, l'introduction contrôlée de ravageurs ciblés sur le lieu de l'essai.

Le CLA dirige ses activités à partir de ses bureaux de l'administration centrale à Ottawa et de sept stations de recherches au Canada, où l'on procède à des essais au champ, en serre et en chambre de croissance.

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